L’Iran au printemps, côté montagne

C’est en Iran que notre voyage commence, entre nature et culture, deux régions ont symbolisé ce que nous sommes venus chercher sur la route de la Soie: la nature et l’authenticité.

Uraman, le village kurde suspendu et ses montagnes cachées

Arrivés à Téhéran, les monts de l’Alborz surplombent les embouteillages de la capitale. Au loin, nous apercevons le Damavand et ses 5610 mètres d’altitude. Son ascension sera pour un prochain voyage, quand la neige aura fondu. Sans tarder, nous partons pour le Kurdistan iranien, où les montagnes se laissent gagner par le printemps. Le petit village d’Uraman est notre camp de base. Accroché à la colline, des petites maisons de pierres grimpent sur ses flancs. De sa vie autarcique, le village semble vouloir préserver sa culture et son intimité. C’est ici que notre aventure commence vraiment, entourés par les montagnes enneigées. De l’autre côté, c’est l’Irak. Mais, pas d’inquiétude à avoir, la région est totalement sûre.

Chaque journée est rythmée par les randonnées. Au dessus du village, nous marchons au cœur d’un vaste plateau où fleurissent les cerisiers. Les bergers surveillent leur troupeau et nous saluent chaleureusement à notre passage. Sur un arbre, flottent des drapeaux “animistes” pour éloigner les mauvais esprits.

Le paysage, vallonné par de multiples prairies est dominé par le blanc des sommets montagneux qui se profilent au loin. On a l’impression d’être en Afghanistan, bien que l’on n’y ait jamais mis les pieds.

Après une journée à crapahuter dans les montagnes kurdes, nous nous installons en face du village pour regarder le coucher du soleil. Des gamins courent ici et là, des hommes rentrent chez eux, et surtout, des lumières qui s’allument timidement mais sûrement. En arrière fond, les nuages absorbent les reflets changeants des rayons de soleil. Uraman s’éteint dans un silence que seul le ruissellement de la rivière avoisinante ose défier.

Chaque jour, nous reprenons nos trekking, au rythme du soleil, des quelques gouttes de pluie et des invitations à prendre le thé. La nuit, nous dormons dans un petit refuge, sur les tapis auprès d’un poêle qui chasse le froid. Pendant cinq jours, nous vivons hors du temps, délaissons progressivement nos réflexes d’urbains, dans une osmose entre la découverte de la culture kurde et un retour à la nature. La route de la Soie a bel et bien commencé.

 

Dans les montagnes du Zagros, avec les nomades Qashqai

 

Il est six heures du matin et nous plions la tente. Autour de nous, des centaines de moutons aux ordres des bergers se mettent aussi en marche. Les premières lueurs crépusculaires émergent au loin, derrière les montagnes. La poussière provoquée par les moutons s’illumine d’or. Depuis quatre jours, c’est le même rituel, immuable. Au son des cloches, nous accompagnons les nomades Qashqai dans leur transhumance de quatre-vingt jours. Cela fait maintenant, quatre jours que nous les accompagnons avec une impression de vivre hors du temps, de revenir à l’essentiel. Sept heures de marche par jour où il faut résister à la soif et à un soleil aveuglant. La nuit, le froid traverse notre bivouac, comme pour se venger.

Entre vallées bucoliques, longues lignes droites, sur une piste de sable et les forêts sous les falaises des montagnes, nous partageons le quotidien des derniers nomades d’Iran. Si éloignés de notre société et de nos habitudes, nous apprenons à vivre simplement, sans artifices. Marcher avec les nomades nous permet de gagner peu à peu leur confiance, au mérite de nos efforts et de notre humilité. En fin d’après-midi, les nomades emmènent leur troupeau s’abreuver. Nous rejoignons aussi la rivière en amont. Entourés par les montagnes, nous jouissons d’une température idéale. Nous en profitons pour nous laver, perdus dans une nature qui semblait nous attendre. C’est une certaine définition du bonheur.

Nous retournons au camp où les feux sont déjà allumés, une théière sur les braises.  Au loin, les lumières d’un petit village se mettent à scintiller. Ces moments sont rares, il faut en profiter. Un ciel étoilé vient récompenser cette journée. Nous entendons encore quelques sons de cloche et les aboiements des chiens. Dans les montagnes du Zagros, nous avons l’impression d’être loin, très loin.

Arthur

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