Montagnes et désert de l’Iran, cités millénaires de l’Ouzbékistan

En Iran, l’hiver nous arrête dans les montagnes du Zagros. Il est alors temps de marcher et de goûter à cette plénitude que seul le désert procure. Plus à l’Est, la Route de la Soie, elle, nous attend en Ouzbékistan.

Dans les montagnes du Zagros, l’hiver persiste…

A Chergerd, avant-dernière étape sur le chemin qui mène à Sar Agha Sayed, nous sommes stoppés en raison d’une avalanche qui bloque l’accès au village suspendu de Bakthiari. Nous partons découvrir la vallée des tulipes –Dasht-e Lale. La route qui mène à cette vallée située à 8 kilomètres au nord de Chergerd voit se succéder de précieux paysages. Ici et là des prairies verdoyantes où des bergers emmènent leurs moutons et vaches en pâturage. En levant les yeux, les sommets sont encore émaillés de névés qui tardent à fondre. Au milieu de la vallée, nous nous retrouvons entourés de milliers de tulipes : leur couleur orange se fond parfaitement dans le vert qui domine les collines. Au milieu de notre trek, un homme nous interpelle : « I love Holland ! ». De Dasht-e Lale aux marchés fleuris d’Amsterdam, il n’y a qu’un pas.

 

Nous contournons donc la montagne pour tenter de rejoindre Sar Agha Sayed par le Nord. Nous rejoignons Baznavid, un village minuscule, entouré par les montagnes. Là-bas, nous partons pour une randonnée autour du village. Nous nous enfonçons dans une vallée cernée par les montagnes du Zagros. Les bergers arborant des vêtements traditionnels bakthiari – pantalons très larges et élégants manteaux de laine beige et noir – se succèdent sur les collines. Perdus au milieu d’une nature sauvage, nous parvenons à un endroit où les rizières surplombent la vallée. La neige qui fond tout doucement sur les sommets pour se convertir en sources d’eau nous laisse contemplatifs. Malheureusement, le printemps tarde à venir : rejoindre Sar Agha Seyed sera pour un prochain voyage. Il est désormais temps de rejoindre le désert iranien, avant que l’été n’arrive !

 

Bivouac étoilé dans le désert du Lout 

Le chemin qui longe le désert du Lout est jalonné par d’insolites formations géologiques qui nous interpellent. Ce désert est des plus intrigants : les kalout sont ces roches aux formes tantôt arrondies, tantôt abruptes, façonnées par le vent. A mesure que le soleil se couche, le sable marron aux teintes noires change de couleur. Nous prenons un peu de hauteur pour admirer le panorama.

Bientôt les lueurs orangées du ciel gagneront ces formes bizarrement jolies, ou joliment bizarres, c’est selon. A la tombée de la nuit, nous installons notre bivouac dans un décor devenu lunaire. Cernés par ces élégantes formes, nous baignons dans une atmosphère envoûtante. Les étoiles prolifèrent dans un ciel devenu clair. Le silence est de mise. Nous sommes en pleine communion avec la nature.

La lumière qu’offre la lune vient nous signifier que nous ne sommes pas tout à fait seuls. Elle rassure et apaise. En éclairant les formes improbables qui nous entourent, elle donne la sensation de nous faire baigner dans un paysage littéralement lunaire. Jouir d’une aussi belle vue de nuit, qui plus est dans le désert, c’est rare.

Aux aurores, nous sortons de la tente admirer le paysage. Les mêmes rochers somptueux se dressent devant nous. Le soleil est du côté opposé de la veille: il vient de se lever. Les ombres que le soleil projette de l’autre côté des rochers nous fait voir l’autre face de ce désert. Le silence est toujours là. Comme ces rochers. Comme ce sable dont seules les ondulations provoquées par le vent ont véritablement changé. En marchant dans le désert, nous entrons dans une autre notion du temps, tous nos sens sont éveillés. C’est presque à regret que nous devons le quitter…

Caravansérails et cités millénaires en Ouzbékistan

Délaissant pour quelques temps nos chaussures de randonnée, nous poursuivons notre voyage en Ouzbékistan avec ses cités au carrefour de la route de la Soie. La variété de visages, de traits et de teints témoignent des siècles de commerce, de transhumances et d’échanges qui ont transité et transitent encore par ces contrées aux multiples cultures.

Si le relief du pays est marqué par une surprenante platitude, les monuments qui surplombent les villes ouzbèkes nous invitent régulièrement à lever la tête. D’impressionnantes porte couvertes de mosaïques nous invitent à découvrir la pléthore de mosquées et caravansérails encore bien conservés. La couleur turquoise des dômes nous pousse à prendre un peu de hauteur pour contempler ces chefs d’oeuvre architecturaux par deux fois : au lever et au coucher du soleil. Souvent, nous avons l’impression de marcher dans un livre d’histoire.

Mais l’appel des montagnes devient de plus en plus fort : il est temps de rejoindre le Tadjikistan et la mythique région du Pamir.

Arthur

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